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vendredi 13 novembre 2015

Introduction à la manipulation statistique, pédagogie par l'exemple

Peu de phrases m'énervent autant que « on peut faire dire n'importe quoi aux chiffres ». Non, on ne peut pas leur faire dire n'importe quoi, mais on peut prétendre qu'ils disent ce qu'ils ne disent pas. Cela s'appelle de la manipulation statistique, c'est de l'ordre du mensonge. Je lisais dernièrement un livre qui a connu son moment de gloire l'année dernière (mais je ne suis pas toujours à la mode dans mes lectures) et j'ai été horrifié par une telle manipulation. Il s'agit de "La France périphérique, comment on a sacrifié les classes populaires" de Christophe Guilluy, paru en septembre 2014 aux éditions Flammarion. La thèse principale de ce livre pourrait se résumer ainsi :

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dimanche 24 août 2014

Dividendes record ou l’utilisation des chiffres sans les comprendre

Depuis quelques jours et la publication par HGI de son index sur les versements mondiaux de dividendes au second trimestre 2014 par les plus grandes entreprises cotées, quel homme politique (de gauche) n’a pas tweeté l’information en faisait le lien avec le pacte de responsabilité voire en insinuant que c’est le CICE qui est reversé aux actionnaires ? De nombreux journaux ont relayé l’information et libération en a même fait sa une - « dividendes, l’indécence » - et consacré ses pages 2 à 5 à ce sujet le 20 août. A chaque fois, des chiffres bruts sont donnés, nombre de points d’exclamations sont utilisés, mais l’explication reste pour le moins superficielle. Chacun préfère prétendre que cela constitue la preuve qu’il avait bien raison et qu’il nous l’avait bien dit. J’ai pour ma part critiqué la TVA sociale et le CICE (ici puis ici) et plus globalement de la stratégie française de baisse du coût du travail peu qualifié (ici). Je ne manque pas non plus une occasion de rappeler les principes de l’incidence fiscale (ou de l’incidence des allocations) : les payeurs finaux (où les bénéficiaires finaux) ne sont pas ceux décidés par le législateur mais les coûts (et les bénéfices) sont en fait redistribués sur les différents marchés. Pour autant, les informations révélées sur les dividendes ne sont absolument pas suffisantes pour pouvoir les utiliser ne serait-ce comme illustration de tout cela, et une étude à peine plus approfondie montre encore une fois comment on peut facilement faire mentir des chiffres quand personne ne cherche réellement à les comprendre.

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