Parlons éco

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dimanche 10 avril 2016

Théorie Lavoisienne de la valeur appliquée au non-deal Bouygues-Orange

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », cette aphorisme attribué à Lavoisier s’applique-t-il à la valeur ? Le journal « Les Échos » ne semble pas le penser puisqu’il titrait ce mardi 5 avril 2016 « Télécoms : plus de 10 milliards partis en fumée en Bourse ». Ceci faisait référence à la baisse de cotation des actions des quatre opérateurs téléphoniques après l’annonce de l’abandon des négociations entre Orange et Bouygues. Les négociations étaient en cours pour repasser de quatre à trois opérateurs téléphoniques. Le principe général était un partage de Bouygues entre les trois opérateurs restants (pour garder un équilibre entre les trois). En pratique, c’est Orange qui devait réaliser l’opération de rachat puis vendre des parties à ses concurrents. Les marchés financiers devaient voir sous un bon œil ce rachat puisqu’ils ont fortement diminué la valorisation boursière des quatre opérateurs après l’échec de l’opération. Pour autant, regarder uniquement les capitalisations boursières de quatre opérateurs téléphoniques peut s'avérer un peu léger pour dire que de la valeur est partie en fumée. Est-ce vraiment de la valeur qui a disparu ? A-t-elle vraiment disparu où a-t-elle été transférée ? Qui seraient alors les bénéficiaires et les perdants du transfert ? Posons-nous deux minutes et tentons de raisonner calmement.

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lundi 24 novembre 2014

Optimisation fiscale 101

Lors de la rencontre des ministres des finances du G20 les 20 et 21 septembre derniers à Cairns en Australie, ces derniers ont validé les propositions de l’OCDE en vue de limiter les problèmes des systèmes fiscaux nationaux pour imposer les sociétés multinationales. Alors que l’OCDE a longtemps eu comme objectif fiscal principal de limiter les phénomènes de double taxation afin de favoriser le commerce international, l’organisation se penche depuis l’été 2013 sur la question de la double non taxation et en particulier sur les questions d’évasion fiscale via l’érosion de la base ou les transferts de profits taxables entre les différentes filiales localisées dans différents régimes fiscaux (BEPS en anglais pour Base Erosion and Profit Shifting). S’il n’est pas nouveau, le problème s’est accru par la mondialisation des échanges mais surtout des financements, et par la part grandissante des immatériels parmi les actifs des sociétés multinationales. Petit récapitulatifs des grands principes d’optimisation fiscale des entreprises multinationales.

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dimanche 24 août 2014

Dividendes record ou l’utilisation des chiffres sans les comprendre

Depuis quelques jours et la publication par HGI de son index sur les versements mondiaux de dividendes au second trimestre 2014 par les plus grandes entreprises cotées, quel homme politique (de gauche) n’a pas tweeté l’information en faisait le lien avec le pacte de responsabilité voire en insinuant que c’est le CICE qui est reversé aux actionnaires ? De nombreux journaux ont relayé l’information et libération en a même fait sa une - « dividendes, l’indécence » - et consacré ses pages 2 à 5 à ce sujet le 20 août. A chaque fois, des chiffres bruts sont donnés, nombre de points d’exclamations sont utilisés, mais l’explication reste pour le moins superficielle. Chacun préfère prétendre que cela constitue la preuve qu’il avait bien raison et qu’il nous l’avait bien dit. J’ai pour ma part critiqué la TVA sociale et le CICE (ici puis ici) et plus globalement de la stratégie française de baisse du coût du travail peu qualifié (ici). Je ne manque pas non plus une occasion de rappeler les principes de l’incidence fiscale (ou de l’incidence des allocations) : les payeurs finaux (où les bénéficiaires finaux) ne sont pas ceux décidés par le législateur mais les coûts (et les bénéfices) sont en fait redistribués sur les différents marchés. Pour autant, les informations révélées sur les dividendes ne sont absolument pas suffisantes pour pouvoir les utiliser ne serait-ce comme illustration de tout cela, et une étude à peine plus approfondie montre encore une fois comment on peut facilement faire mentir des chiffres quand personne ne cherche réellement à les comprendre.

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