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Tag - Normativité

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jeudi 11 septembre 2014

Manifeste pour l'analyse néoclassique en sciences sociales

En ce début d’année, alors que les cours reprennent, je me tiens prêt à expliquer l’intérêt et les apports autant théoriques que pratiques de l’analyse néoclassique à des étudiants parmi lesquels certains n’y voient qu’un discours idéologique quand d’autres y voient une vérité intemporelle. Evidemment, ce n’est ni l’un ni l’autre. Il y a quelques années de cela, j’avais écrit un article paru sur le journal du MAUSS à ce sujet. Je vais m’efforcer de synthétiser ici ma pensée. L’analyse néoclassique n’est pas intrinsèquement une discipline idéologiquement normative, mais des économistes en tant que personnes – et bien plus encore des non économistes – au mieux interprètent, au pire déforment les résultats autour de leurs propres valeurs ou intérêts, camouflant le subterfuge sous un discours prétendument objectif et scientifique. Ces mêmes idéologues pensent ou disent qu’elle constitue une vérité complète et intemporelle. En réalité, l’analyse économique néoclassique positive, consciente de ses limites et du caractère social et non naturel de ce qu’elle décrit, n’est qu’une partie, mais une partie nécessaire, des sciences humaines et sociales.

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dimanche 27 juillet 2014

Enseignement : compréhension des mécanismes ou injonction normative ?

En tant qu’enseignant, je cherche à expliquer et faire comprendre les raisonnements, les liens entre les hypothèses et les résultats. J’insiste sur le fait que les hypothèses ne sont jamais totalement vérifiées et que les résultats ne sont donc pas à prendre au pied de la lettre. Ce ne sont pas des vérités éternelles mais plutôt des tendances plus ou moins fortes selon la pertinence des hypothèses, dans le cadre de chaque situation considérée. Ceci doit conduire non seulement à ne pas idolâtrer un modèle et relativiser ses résultats, mais inversement à ne pas rejeter complètement tout résultat de modèle dont on ne serait pas pleinement et intégralement d’accord avec les hypothèses, des mécanismes intéressants peuvent en être inférés.

Je ne prétends pas que ce message est toujours totalement saisi mais j’espère qu’il est au moins partiellement compris. De ce point de vue, j’ai assisté le mois dernier à la présentation d’un article qui pourrait être démoralisant. Lors des 13èmes journées d’économie publique « Louis-André Gérard-Varet » à Aix-en-Provence, Douglas Bernheim de l’université Stanford en Californie a présenté une étude portant sur les modifications de comportement suite à un cours de base de finance. Une large littérature existe sur les connaissances en matière de finances et les choix d’investissement et de consommation. L’idée principale que sous-tend cette littérature est que les individus ne sont pas capables de se rendre compte réellement des gains de l’épargne et de ce fait n’épargnent pas assez. Quand ils reçoivent l’enseignement adéquat, ils corrigent leurs choix à la hausse, épargnent plus et s’en trouvent plus heureux.

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