En ce début d’année, alors que les cours reprennent, je me tiens prêt à expliquer l’intérêt et les apports autant théoriques que pratiques de l’analyse néoclassique à des étudiants parmi lesquels certains n’y voient qu’un discours idéologique quand d’autres y voient une vérité intemporelle. Evidemment, ce n’est ni l’un ni l’autre. Il y a quelques années de cela, j’avais écrit un article paru sur le journal du MAUSS à ce sujet. Je vais m’efforcer de synthétiser ici ma pensée. L’analyse néoclassique n’est pas intrinsèquement une discipline idéologiquement normative, mais des économistes en tant que personnes – et bien plus encore des non économistes – au mieux interprètent, au pire déforment les résultats autour de leurs propres valeurs ou intérêts, camouflant le subterfuge sous un discours prétendument objectif et scientifique. Ces mêmes idéologues pensent ou disent qu’elle constitue une vérité complète et intemporelle. En réalité, l’analyse économique néoclassique positive, consciente de ses limites et du caractère social et non naturel de ce qu’elle décrit, n’est qu’une partie, mais une partie nécessaire, des sciences humaines et sociales.